Sortir du modèle on fabrique et on jette sans pouvoir réparer doit être une priorité pour limiter les déchets électroniques. Open Funk propose un produit durable et réparable soi-même.
L’idée d’un produit ou service innovant démarre souvent à la suite d’une défaillance d’un produit existant et que l’on va chercher à améliorer. C’est le cas du mixeur Re:Mix fabriqué par Open Funk.
L »un des créateurs de l’entreprise, Paul Anca, a subi la panne de son blender seulement quelques mois après l’avoir acheté. Et la réparation était impossible à un coût raisonnable. Il a donc eu l’idée avec son acolyte, Ken Rostand, de démonter plusieurs blenders cassés pour comprendre pourquoi nos produits ménagers électroniques peuvent casser si vite.

Des produits pas cher qui coûtent cher à l’environnement
Et voici leur constat ! Les pièces des mixeurs sont souvent collées entre elles pour aller plus vite dans la fabrication, ce qui en empêche la réparation. La partie recherche et développement est minimale afin de vendre pas cher. La production est faite à l’autre bout du monde ce qui ne permet pas la réparation en cas de panne.
Après cet amer constat, d’après l’OMS 53 millions de tonnes de déchets électroniques sont produites tous les ans dans le monde (voir plus bas), ils ont cherché à fabriquer un mixeur qui serait durable, facilement réparable et fabriqué localement.
Ken et Paul ont lancé re: Mix, un mixeur de cuisine conçu pour utiliser les bocaux en verre de toutes tailles que l’on a chez soi et pour mixer à peu près tout. Le corps du mixeur est en plastique 100% recyclé. L’appareil est économe en eau pour le nettoyage, puisqu’en mixant directement dans vos propres bocaux, il n ‘y a que les lames à nettoyer après utilisation. Plus petit qu’un blender classique, il tient facilement dans une petite cuisine.
Le robot est fabriqué à Berlin, dans un centre dédié à la participation sociale et à l’inclusion professionnelle des personnes défavorisées, comme l’indique la marque.
Le processus de fabrication ainsi que le design sont partagés en open source pour permettre à d’autres de construire leur propre version.

L’appareil est facile à démonter et à réparer, puisque les pièces ne sont pas collées entre elles, ce qui rallonge considérablement sa durée de vie.
Et si vous n’avez plus besoin de votre robot, l’entreprise propose de vous le racheter pour le remettre à neuf et le revendre. Un cercle vertueux.
La jeune entreprise vient tout juste d’assembler ses 1000 premiers appareils.
Parions et espérons qu’ils appliqueront la même recette à d’autres appareils électroniques !
De nombreuses recettes possibles
Le moteur puissant du robot permet de mixer des fruits surgelés, des glaçons, ou encore des fruits secs comme les noisettes. L’entreprise propose également des recettes de soupe, de houmous, de pâte de noisettes, de smoothies, de thé glacé, et d’autres encore.
Open Funk : voir le site
Déchets électroniques : la plupart finissent dans la nature
D’après l’OMS, 53 millions de tonnes de déchets électroniques ont été produites dans le monde en 2019, et seulement 17,4 % étaient recyclées par les filières officielles.
Sachant que ces déchets augmentent bien plus vite que la population, le problème est considérable.
Considérable, car un appareil électronique mal recyclé, peut rejeter jusqu’à 1000 substances chimiques dans la nature ! Ça fait peur pour le futur. Ordinateur, téléphone portable, gros électroménager, matériel médical, tous ces produits que nous utilisons quotidiennement sont concernés.
Le recyclage mal effectué peut engendrer des conséquences irréversibles sur la santé des femmes enceintes et des enfants. On estime que 16,5 millions d’enfants travaillent dans le secteur industriel dont le recyclage fait partie, cette main d’oeuvre étant « bon marché ». Seulement, pendant ces opérations de fouilles dans les décharges, de brûlage ou de démontage des appareils, les produits chimiques relargués vont altérer les fonctions vitales des femmes pendant leurs grossesses, les enfants et les adolescents. Et les dommages seront souvent irréversibles sur leur santé.
Le plomb, substance neurotoxique, est le plus rejeté dans l’environnement. Les polluants toxiques vont contaminer l’eau, l’air et le sol, non seulement à l’emplacement du retraitement mais aussi sur de longues distances par les rivières, par exemple.
Des solutions existent. D’après L’OMS, il faudrait entre autres faire appliquer des réglementations nationales et internationales, améliorer les filières de recyclage dites non officielles, informer des dangers de ce recyclage non controlé et bien sûr éliminer le travail des enfants.
source : OMS, rapport « déchets d’équipements électriques et électroniques » du 18 octobre 2023