Verdir les villes pour qu’elles restent vivables malgré le réchauffement est devenu un des enjeux les plus importants des années à venir
Végétaliser la ville ! Voilà une des idées du moment. Au Royaume-Uni, à Leicester (prononcez Lèster) cette idée est devenue réalité l’été dernier. La ville et l’entreprise de publicité Clear Channel ont commencé à végétaliser les toits des arrêts de bus qui parsèment Leicester. Il faut bien commencer quelque part ! L’opération est appelée « the living roofs » littéralement les toits vivants !

479 ilots de verdure
Trente arrêts sont concernés dans un premier temps mais les 479 arrêts de la ville seront transformés d’ici la fin 2022. Des panneaux solaires seront installés pour l’éclairage, sur les toits qui le permettent.
Les toits sont plantés de fleurs sauvages et de sedum afin de résister aux conditions climatiques de plus en plus chaudes et imprévisibles et pour attirer les abeilles et autres pollinisateurs.
Plusieurs objectifs sont recherchés. En plus d’apporter un habitat à la faune et flore urbaines, la végétalisation des arrêts permettra de stocker une partie de l’eau de pluie qui ne ruissellera plus dans les rues jusqu’aux rivières pour gonfler les cours d’eau. Par ailleurs, les toits plantés réduisent le phénomène d’ilot de chaleur urbain (élévation de la température due à l’urbanisation) grâce à l’évapotranspiration des plantes.

Les avantages de végétaliser nos villes
Les toits plantés ont donc de nombreux atouts pour motiver les villes à déployer cette idée sur les toits des arrêts de bus mais aussi sur les toits des immeubles, bien plus nombreux au sein de nos villes.
LivingRoofs.org, organisation indépendante pour promouvoir les toits végétaux au Royaume Uni et dans le monde, a listé les avantages que procure la végétalisation des toits et des murs :
- Réduction de l’ilot de chaleur urbain. Un toit d’immeuble recouvert de goudron noir comme c’est souvent le cas, peut atteindre 80 degrés en plein soleil au milieu de l’été contre seulement 40 degrés si le toit est végétalisé. La chaleur relarguée la nuit par les matériaux des immeubles et des rues (qui empêche le rafraichissement des appartements et le repos de nos organismes) peut engendrer jusqu’à 8 degrés de plus que la proche banlieue ! Cette très forte chaleur accumulée chauffe l’intérieur des bâtiments créant un besoin d’énergie supplémentaire pour les refroidir nuit et jour.
- Elle réduit le ruissellement de l’eau de pluie vers le réseau d’eau pluviale ou les rivières, limitant ainsi les inondations en cas de forte pluie.
- Grâce à la protection thermique apportée par le toit végétalisé, il est moins nécessaire de climatiser le bâtiment l’été et de le réchauffer l’hiver.
- En plus de la protection thermique, le toit végétal ajoute une isolation phonique. Les plantes et la terre bloquent les ondes sonores.
- Les toits vivants sont un refuge pour la biodiversité locale.
- Les végétaux plantés permettent de filtrer la pollution.
- Si le toit est plat et accessible, il peut être un lieu de verdure et de détente supplémentaire pour les habitants de l’immeuble. Il peut aussi permettre la culture d’un potager.
Parions que d’autres agglomérations voudront imiter la démarche et participer au retour de la biodiversité au coeur de nos villes.